Tout en contrôle…

Dessin au critérium, de la main gauche. 17 février 2021

Petit défi auto-imposé et exercice de mobilité… pour la main. Un dessin au critérium (avec une mine verte pour changer), d’après photo, intégralement réalisé de « l’autre » main, à savoir la gauche. Le trait est un peu plus tremblé, changements de direction et hachures demandent de tourner plus fréquemment la feuille… Mais changer de main n’est pas aussi compliqué pour dessiner que pour écrire. Moins propice à un dessin rapide et plus fatigant, surtout… mais toujours plus facile que la figure de cette gymnaste.

Fille verte des fjords…

Titre purement opportuniste dont je laisse au lecteur qui ne l’aurait pas identifiée tout de suite le soin de trouver la référence. Après le papier bleu, le papier vert à grain fin, parfaitement adapté à la technique dite « des trois crayons » (sanguine, pierre noire, pierre blanche).

Sirène bleue

Craie sanguine, brun de noix et blanche sur papier gris-bleu. Janvier 2021.

Essai sur papier gris-bleu épais au format A5. La couleur froide de fond impose un dessin aux couleurs chaudes. Mais c’est aussi pour éviter l’essai infructueux qui gâcherait ce papier que j’ai privilégié les outils que je maîtrise. Zone de confort, tout ça, tout ça… La sanguine se révèle finalement trop peu visible sur ce fond, et le brun de noix s’avère préférable pour les teintes les plus sombres. La sanguine reste pour les teintes moyennes, le blanc forcément pour rehausser les lumières.

Tête en l’air…

Quand j’aurai du vent dans mon crâne / Quand j’aurai du vert sur mes osses / P’tête qu’on croira que je ricane / Mais ça s’ra une impression fosse / Car il me manquera […] ce phosphore un peu mou / Cerveau qui me servit / à me prévoir sans vie

Boris Vian, Quand j’aurai du vent dans mon crâne, extrait du recueil Je voudrais pas crever, 1962

Vrai squelette en montage anatomique de la collection de biologie de l’ENS de Lyon. Encre de Chine et aquarelle.

Anatomie simienne

Nouveau mixage entre dessin animalier et dessin anatomique. L’anatomie humaine peut servir de référence, mais il faut étudier en quoi elle diffère chez notre proche cousin. Pas trop compliqué pour le crâne, moins évident pour le squelette post-crânien. Et si l’impressionnante musculature thoracique, bien évidente sous une peau dépourvue de graisse, est facile à placer, l’abdomen, les avant-bras et les membres postérieurs disparaissent sous l’épaisse fourrure noire et argentée de ce beau spécimen. Pensionnaire obligé d’un zoo ou d’une réserve, hélas.

Château urbain

Pandémie 2020 oblige, finis les croquis de contrées exotiques. Mais la ville alentour possèdent quelques curiosités tout aussi dignes d’intérêt. Surtout quand l’été et l’automne y ajoutent une belle lumière et des couleurs chaudes, et en masquent la décrépitude. Ici le même édifice d’une ancienne caserne de Lyon reconvertie en parc, vue sur deux côtés différents. Crayonné initial et rendu final.

Cachez vos rouges tabliers !

Deux traitements d’une même image. L’orientation de face et la symétrie des cornes de l’animal masque l’asymétrie du reste du corps, légèrement déporté sur sa droite. La vue en légère contre-plongée accentue encore le caractère massif et impressionnant et la majesté de la pose. Le dessin à la mine de plomb permet de donner réalisme et précision, quand le traitement au pinceau à encre de Chine incite à la simplification et aux aplats, pour un rendu qui ressemble à une linogravure. Évidemment, réalisés l’un après l’autre et séparément, les deux dessins ne se ressemblent pas, ni à l’original, chacun portant ses erreurs et ses maladresses.

Attention maternelle

Dessin d’après photo d’une puma femelle du parc zoologique de Paris et de son petit. On sent la circonspection de la mère envers le soigneur ou le photographe. Toute son attitude déclare « t’approches pas trop… ». Sanguine, pierre noire et sépia.

Encre sur kraft

Travail sur poses courtes à l’encre de Chine sur papier kraft, au feutre-pinceau. L’outil ancien (modernisé) sur le papier industriel (reconverti). L’encre interdit toute correction et encourage, voire impose, un traitement « par les masses » et un contraste binaire entre les zones d’ombre et les endroits éclairés. Cette brutalité permet le traitement élusif : quelques traits majeurs pour suggérer et c’est l’observateur qui rajoute les contours absents. Le feutre-pinceau fournit aussi toutes les nuances de tracé, du trait fin à l’aplat de ténèbres. Mais plus intéressant encore, l’épaisseur et la régularité du trait peut changer au cours du même mouvement, par la flexion du pinceau, donnant un caractère propre au trait, cette personnalité que le feutre tubulaire ou le critérium ont pour mission de supprimer.

Le survivant du Luxembourg

Paris, jardin du Luxembourg.

Canicule de l’été 2020. Au bord d’une pelouse, un tronc quasi-totalement élagué, envahi par les gros carpophores jaunes grisâtres d’un champignon. Pourtant pas encore mort : quelques nouvelles tiges renaissent des bras coupés, telles les têtes d’une hydre de Lerne agonisante.

La singularité de ce vieillard en fin de vie et le champignon montant à l’assaut depuis la base appelaient cette vue en contre-plongée étirée sur toute la double page du carnet. L’écorce écailleuse, pachydermique et sombre, et la couleur marquée des carpophores suggéraient un traitement contrasté. D’où le choix de réserver la couleur aux seconds, et d’accentuer la rugosité de la première par l’encre de Chine.

Encre de Chine et aquarelle sur carnet aquarelle format italien. 31 juillet 2020.